Au Daviaud, Portraits d’Habités du Marais

Exposition, Reportage |

photographie Office du Tourisme de Gois

Pour la nouvelle scénographie de l’écomusée du Daviaud (85), des habitants témoignent de leur attachement au Marais Breton-Vendéen.

Les hommes et des paysages. Les deux sont ici intimement liés.

Le Marais Breton Vendéen se situe sur le littoral, au sud de la Loire-Atlantique et au nord de la Vendée. Le mélange de marais salés et de marais doux y forme des paysages contrastés. Côté doux : décor très plat, avec de grandes prairie et des canaux bordés de roseaux. Côté salé : enchevêtrement de fossés, de chemins, de prairies et de reliefs plus marqués. Comme rien ne le retient, le vent s’y promène partout, tantôt caressant, tantôt plus insistant. En se perdant entre les étiers (cela arrive forcément, et oublions le GPS, il n’est d’aucun secours ici), selon l’orientation prise, on débouche sur des dunes retenues par une forêt de pins, sur des polders, ou sur une bourrine, cette habitation typique de la région, faite de terre et de roseaux.

Difficile de ne pas tomber sous le charme de ces paysages. Sans compter la lumière que le ciel et la terre fabriquent ensemble. Mais si l’on tombe amoureux de la carte postale, il faut vivre tous les aspects du Marais : les hivers rudes et humides, les routes parfois inondées, l’omniprésence du vent, les petites routes sinueuses entre les étiers.

On aura vite compris que le Marais est certes issu de l’activité humaine, mais il façonne lui-même ses habitants. Sans en faire des « clones du Marais », bien au contraire. J’ai pu m’en rendre compte l’an passé lorsque je suis allée à la rencontre d’une petite dizaine d’entre eux. Autant de personnes, autant de façons de me parler d’un environnement qu’ils ont pour certains choisi, d’autres toujours connu. Tous partagent en revanche un profond attachement à ces paysages. Chacun a mis de soi dans le marais -ses convictions écologiques, son besoin de calme, sa tradition agricole – et, en retour, le marais a déposé quelque chose en eux – l’attachement au paysage, à la lumière et au vent et à cette vie un peu à part, loin du bocage vendéen ou de la banlieue nantaise.

Hommes et paysages, intimement liés. C’est ce que j’ai souhaité faire entendre dans mon travail pour l’écomusée du Daviaud. Ce dernier a présenté au public, en 2017, une scénographie entièrement repensée. Avec l’ambition de raconter le Marais à travers les hommes qui le font. Pari réussi! Notamment grâce à une équipe (très féminine!) hyper dynamique et très engagée.

Vous écoutez ici un des 10 portraits que j’ai réalisés pour l’écomusée. Il s’agit de Corentin, à la fois éleveur de brebis et saulnier. On est à ses côtés, un jour d’août, pendant la récolte de fleur de sel.

Je vous invite évidemment à vous rendre sur place, du côté de la Barre-de-Monts, pour rencontrer d’autres habitants et apprendre à connaître leur environnement.

A l’écoute : Corentin, habité du Marais et saulnier- 1’44


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